J'imagine que tous les parents aimeraient être tout puissants, pouvoir protéger leurs enfants de tous les malheurs du monde. Pas les isoler, non, ni les mettre dans une cage mais les préparer au mieux. Surtout être là quand ils ont besoin de nous.

Jusque là je pense m'en être pas mal sorti.

Et puis mon fils se casse un bras en tombant bêtement d'un arbre. Je le rassure, l'emmène à fond les ballons en voiture à l'hôpital. Comme on est en vacances à Ombres dans les landes, les embouteillages sont légion, je grille un premier feu doucement. Je passe une ligne blanche (je sais c'est pas bien mais il souffre et son poignet fait quand même un angle bizarre) je grille un deuxième feu. Doucement. Évidemment les flics sont de l'autre côté du carrefour. Mais quand le vin est tiré, il faut le boire : je continue. Évidemment, ils m'arrêtent 2km plus loin avec les sirènes comme dans un film. Un baratin, et ils me laissent partir...

J'abrège.

J'abrège les parties de rigolades, les lectures, tout pour passer le temps et lui faire oublier la douleur pour arriver au moment qui m'intéresse : Le moment où l'ascenseur se referme pour le faire partir  au bloc opératoire. Sans moi. Je me retrouve comme un con, inutile et surtout impuissant, avec ce grand vide.


Je repars doucement dans la chambre des urgences où il n'y a plus rien. Même plus un lit puisqu'il a servi a emmener mon fils. Un énorme vide.

Un vide blanc et non noir comme on voudrait nous faire croire.



Je prends un stylo...

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"Where is gone my boy".
Montages numériques de croquis à l'encre de chine