Ca y est. Ca vient. Cette capacité d'émerveillement devant une œuvre. J'ai l'impression qu'elle se réveille après un grand sommeil.

La baffe ou plutôt le quelque chose qui attire votre œil et qui des heures après est toujours imprimé dans votre rétine. Sans que vous vous en soyez complètement conscient. C'est ce qui m'est arrivé avec Lucian Freud cette semaine. La couverture de Beaux arts magazine du mois, croisée à la médiathèque m'a filée une petite claque. Mais c'est le magasine du mois. On ne peut pas l'emprunter. C'est verboten. C'est pas grave, on verra le mois prochain.

reflectiondetailbylucianfreud

Freud, Lucian

Reflection (self portrait)

1985
Oil on canvas
56.2 x 51.2 cm
Private collection
(Détail)

Non.

C'était pas possible. J'ai été obligé le soir même, après le diner d'aller faire un tour sur internet, voir ce qu'il avait produit. Et oui je ne connaissais pas du tout. J'ai découvert un grand nombre d'autres de ses oeuvres. La grosse claque. Cette envie irrépressible de prendre l'avion et d'aller voir la matière de ses tableaux à Londres. Ce qui ne peut pas se voir, se sentir à travers un écran d'ordinateur. J'ai passé la nuit sans fermer l'œil à peindre dans ma tête, à imaginer de nouvelles « œuvres ». Et je me suis réveillé tout excité le matin. Pas du tout fatigué. Au contraire...

lucian_freud_selfportrait

et toujours cet autoportrait dans la rétine...

Des chansons, des albums parfois s'imposent aussi à moi. Progressivement. Au point que la première écoute (souvent dans la voiture) n'est pas forcément. Mais plus on l'écoute, plus on a envie de l'écouter. Un coup de foudre progressif, ca existe ? C'est ce qui m'est arrivé avec Far de Regina Spektor (un mix de gravité et de légèreté inédit pour moi) . Je vous en met un peu ?


One more time with feeling
Try it again
Breathing's just a rhythm
Say it in your mind
Until you know that the words are right

En tout cas, c'est bon de retrouver cette capacité à s'émerveiller. Comme un enfant.

Être prêt à faire un caprice comme un gamin.